caroline ablain     artiste photographe
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L’exposition intitulée « Le Théâtre National de Bretagne en chantier », présentée en 2008 à l’occasion de la réouverture du lieu, retrace en images sa métamorphose. Les photographies invitent à découvrir le mouvement de cette transformation, qui s’est déroulée à l’abri du regard du public.

Mon projet n’était pas de rendre compte des phases successives de cette transformation. Ce que je voulais donner à voir, c’est comment la photographie peut scénographier l’architecture. Comment le regard peut transfigurer un espace.

Les images proposent d’assister à un nouveau spectacle, celui d’un lieu où le défilé des ouvriers se déploie comme une chorégraphie inattendue. L’accumulation des matériaux et des machines dessine de nouveaux paysages, l’escalier principal s’impose comme un stabile de Calder, la salle Jean Vilar apparaît soudain sous les traits d’un théâtre antique en ruine. La théâtralité à l’œuvre dans ces images ouvre un espace imaginaire et poétique.

La recherche que je mène porte sur l’espace de perception ouvert par la mise en scène, sur ce que celle-ci nous donne à voir du monde. Envisager la réalité comme une scène à rejouer par le regard, c’est tenter de l’approcher tout en la mettant à distance. Pour faire de l’image un endroit de rencontre entre intériorité et extériorité, un seuil entre l’espace intérieur depuis lequel on regarde et l’espace extérieur qui est regardé.

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