caroline ablain     artiste photographe
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« La vie est une ombre qui marche, un pauvre acteur qui se pavane et se trémousse une heure en scène, puis qu’on cesse d’entendre ». Macbeth, William Shakespeare.

La série d’images intitulée « Sens uniques », propose une immersion dans un espace imaginaire. Le format de tirage choisi est celui d’une lucarne, pour inviter les spectateurs à y entrer. Les personnages semblent prisonniers d’un univers clos dont ils ne peuvent s’échapper, un espace mental où résonne l’énigme de la condition humaine.

Les images mettent en scène des figures surexposées ou des silhouettes, entre apparition et disparition, menacées par l’incertitude de l’ombre, dont on ne sait si elle est leur origine, leur fin, ou leur prolongement. La lumière, personnage à part entière, théâtralise l’espace et chemine d’une image à l’autre. Le rapport du corps, de l’espace et de la lumière, conçu comme un collage, ne décrit pas une narration accomplie. Il installe plutôt une narrativité, qui ouvre vers plusieurs significations possibles.

Dans le labyrinthe de la quête du sens, voies sans issue et choix multiples se succèdent, maintenant le corps des personnages dans la gravité, ou impulsant leur vacillement. Seul le personnage de la dernière image de la série regarde vers l’objectif, vers l’espace du spectateur dont il se sait regardé. Il désigne par là aussi le point de vue du créateur qui le met en scène, point de fuite de l’histoire, et affirme par là que tout ceci est fiction.

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